# Une page internet s’ouvre toute seule sous Windows 10 : comment stopper cela

Les ouvertures intempestives de pages internet représentent l’un des problèmes les plus frustrants rencontrés par les utilisateurs de Windows 10. Ce phénomène indique généralement la présence d’un adware, d’un programme potentiellement indésirable (PUP) ou d’un malware sur votre système. Selon des statistiques récentes, environ 62% des utilisateurs Windows ont été confrontés à ce type d’infection au cours des 18 derniers mois. Ces programmes malveillants s’installent souvent à votre insu lors du téléchargement de logiciels gratuits, exploitant votre confiance et votre inattention durant les processus d’installation. L’impact va bien au-delà du simple désagrément : ralentissement du système, consommation excessive de bande passante, et potentiellement vol de données personnelles.

Le problème devient particulièrement critique lorsque ces pages s’ouvrent même sans interaction avec le clavier ou la souris, comme l’ont signalé de nombreux utilisateurs sur les forums d’assistance technique. Dans certains cas extrêmes, la réinitialisation complète du système ne résout même pas le problème, ce qui suggère une infection profonde des composants de démarrage ou du registre Windows.

Identifier les programmes de démarrage automatique dans le gestionnaire des tâches windows 10

Le Gestionnaire des tâches constitue votre premier outil de diagnostic pour identifier les programmes responsables des ouvertures intempestives. Pour y accéder, appuyez simultanément sur Ctrl+Shift+Échap ou faites un clic droit sur la barre des tâches et sélectionnez « Gestionnaire des tâches ». Cette interface révèle tous les processus actifs et leurs comportements au démarrage du système.

Analyser l’onglet démarrage pour repérer les applications suspectes

L’onglet « Démarrage » affiche tous les programmes configurés pour se lancer automatiquement au démarrage de Windows. Recherchez des entrées aux noms suspects tels que « AnyProtect », « Freeven pro », « Settings Manager », « NewPlayer » ou tout autre nom que vous ne reconnaissez pas. Ces programmes affichent généralement un impact de démarrage « Élevé » ou « Moyen ». Environ 73% des infections par adware se manifestent dans cet onglet. Notez soigneusement les noms suspects avant de procéder à leur désactivation, car certains processus légitimes de Windows peuvent avoir des appellations peu familières.

Désactiver les entrées non reconnues via msconfig

Pour un contrôle plus approfondi, utilisez l’utilitaire msconfig. Appuyez sur Windows+R, tapez « msconfig » et validez. Dans l’onglet « Démarrage », vous pouvez désactiver sélectivement les programmes suspects. Cependant, depuis Windows 8, Microsoft a transféré cette fonctionnalité vers le Gestionnaire des tâches. L’onglet « Services » de msconfig reste néanmoins pertinent pour identifier des services malveillants fonctionnant en arrière-plan. Cochez l’option « Masquer tous les services Microsoft » pour ne voir que les services tiers, facilitant ainsi l’identification des intrus potentiels.

Vérifier les services windows avec services.msc

L’utilitaire services.msc offre une vue complète de tous les services système. Accédez-y en tapant « services.msc » dans la boîte de dialogue Exécuter (Windows+R). Recherchez des services dont le type de démarrage est « Automat

pique » et qui portent des noms étranges, parfois composés de suites de lettres et de chiffres sans signification. Un signe révélateur peut être la présence dans la colonne « Chemin d’accès au fichier exécutable » d’un emplacement inhabituel, comme un sous-dossier obscur dans C:UsersNom_UtilisateurAppData plutôt que dans C:Program Files ou C:Program Files (x86). Si vous identifiez un service dont vous ignorez totalement l’origine, faites une recherche rapide sur internet avec son nom exact avant d’y toucher. En cas de doute, définissez son type de démarrage sur « Manuel » plutôt que « Désactivé », puis redémarrez l’ordinateur pour voir si les ouvertures intempestives de pages internet persistent.

Nous vous recommandons également de trier les services par « État » puis par « Type de démarrage » pour identifier plus facilement ceux qui se lancent automatiquement. Les adwares et PUP responsables d’une page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10 aiment se cacher derrière des descriptions vagues comme « Update Service », « Helper » ou « Web Companion ». Soyez particulièrement méfiant envers les services ajoutés récemment, surtout si les symptômes ont commencé au même moment. Enfin, gardez à l’esprit que certains malwares se réinstallent via plusieurs services interconnectés : désactiver un seul service peut donc ne pas suffire, d’où l’importance de la phase de désinfection automatique décrite plus loin.

Examiner les tâches planifiées dans le planificateur de tâches

Quand ce ne sont pas les programmes de démarrage qui déclenchent l’ouverture de votre navigateur, ce sont souvent des tâches planifiées. Le Planificateur de tâches de Windows permet à des applications – légitimes ou non – de se lancer à intervalles réguliers, à l’ouverture de session ou lors d’événements précis. Pour l’ouvrir, appuyez sur Windows+R, tapez taskschd.msc puis validez. Dans le volet gauche, cliquez sur « Bibliothèque du Planificateur de tâches », puis parcourez méthodiquement les sous-dossiers, en prêtant une attention particulière à ceux qui ne portent pas le nom d’un éditeur connu.

Dans le volet central, examinez chaque tâche : regardez le champ « Déclencheurs » (par exemple « À l’ouverture de session » ou « Toutes les 30 minutes ») et, surtout, l’action configurée. Si l’action lance chrome.exe, msedge.exe ou firefox.exe avec une URL spécifique, vous avez très probablement trouvé l’origine d’une page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10. Faites un clic droit sur la tâche suspecte, sélectionnez « Désactiver » ou « Supprimer » si vous êtes sûr de vous. Là encore, notez le nom et le chemin de tout exécutable étrange lancé par ces tâches : ils vous seront utiles lors de la phase de nettoyage avec les outils anti-adwares.

Supprimer les adwares et PUP responsables d’ouvertures intempestives de navigateur

Une fois le tour complet des éléments de démarrage effectué, il est temps de supprimer les véritables responsables : les adwares, PUP et hijackers de navigateur. Ces programmes se comportent comme des « squatters » numériques : ils s’installent discrètement, modifient vos paramètres, puis restent tapis dans le système pour rouvrir des pages publicitaires ou frauduleuses dès que possible. Même si vous pensez avoir tout désactivé manuellement, des composants cachés peuvent persister dans le registre ou dans des dossiers système. C’est pourquoi il est essentiel de combiner plusieurs outils spécialisés pour éliminer en profondeur ces menaces.

Les études de laboratoires de sécurité montrent qu’en moyenne, un seul outil de désinfection ne détecte qu’environ 80% des programmes potentiellement indésirables présents sur un système infecté. En utilisant successivement Malwarebytes, AdwCleaner, HitmanPro et Emsisoft Emergency Kit, vous maximisez vos chances de neutraliser complètement la cause d’une page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10. Avant de lancer ces analyses, fermez toutes les applications ouvertes, sauvegardez vos documents en cours et, si possible, créez un point de restauration système afin de pouvoir revenir en arrière en cas de problème.

Scanner avec malwarebytes pour détecter les programmes potentiellement indésirables

Malwarebytes est devenu une référence pour la détection des PUP et adwares qui échappent souvent aux antivirus traditionnels. Commencez par télécharger la dernière version depuis le site officiel, puis installez-la en refusant l’activation de l’essai Premium si vous ne souhaitez pas de protection en temps réel. Une fois le logiciel lancé, rendez-vous dans l’onglet « Analyse » et sélectionnez « Analyse des menaces » ou « Analyse complète », qui inspectera à la fois les fichiers, la mémoire et le registre. Cette étape est fondamentale si votre navigateur s’ouvre tout seul sur des sites que vous n’avez jamais visités.

Lorsque l’analyse est terminée, Malwarebytes affiche la liste des éléments détectés : adwares, barres d’outils, hijackers de navigateur, fichiers potentiellement malveillants. Cochez l’ensemble des éléments proposés, en particulier ceux signalés comme « PUP.Optional » ou « Adware », puis choisissez « Quarantaine » ou « Supprimer ». Le logiciel peut vous demander de redémarrer l’ordinateur pour terminer la désinfection, ce qui est normal. Au redémarrage, observez le comportement de votre système : si les pages internet qui s’ouvrent automatiquement sont moins fréquentes mais toujours présentes, poursuivez avec les outils suivants.

Utiliser AdwCleaner pour éliminer les extensions malveillantes

AdwCleaner, désormais édité par Malwarebytes, est un outil portable spécialisé dans la suppression des adwares, barres d’outils et extensions de navigateur nuisibles. Son fonctionnement est simple : aucun besoin d’installation, ce qui en fait un allié précieux lorsque votre navigateur se lance en boucle et rend le système difficilement utilisable. Téléchargez AdwCleaner.exe, enregistrez-le sur le Bureau, puis exécutez-le par clic droit « Exécuter en tant qu’administrateur ». Sur l’interface principale, cliquez sur « Analyser maintenant » pour lancer une inspection complète de votre système et de vos navigateurs.

À l’issue du scan, AdwCleaner affiche les éléments trouvés regroupés par catégories (Services, Dossiers, Fichiers, Raccourcis, Planificateur de tâches, Registre, Navigateurs). Prenez quelques minutes pour parcourir la liste : vous y verrez souvent des restes d’anciennes barres d’outils, des moteurs de recherche parasites ou des modules complémentaires injectés dans Chrome, Firefox ou Edge. Cliquez ensuite sur « Nettoyer et réparer » pour supprimer tous ces éléments en une seule fois. L’outil vous invitera à redémarrer l’ordinateur ; après le redémarrage, vérifiez si la page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10 a disparu. Si elle persiste, il est temps de passer à une couche de nettoyage supplémentaire.

Nettoyer avec HitmanPro les hijackers de navigateur persistants

HitmanPro adopte une approche complémentaire intéressante : il envoie des empreintes de fichiers suspects vers plusieurs moteurs antivirus dans le cloud pour obtenir un second avis. Cette technique est particulièrement utile contre les hijackers de navigateur persévérants, qui modifient votre page d’accueil et ouvrent des sites publicitaires même après plusieurs tentatives de nettoyage. Téléchargez la version d’essai de HitmanPro, exécutez le fichier et choisissez une « Analyse par défaut ». L’outil ne remplace pas votre antivirus, il agit comme un scanner à la demande supplémentaire.

Pendant l’analyse, HitmanPro inspecte les exécutables, les pilotes, les DLL système et les paramètres du navigateur. À la fin, il classe les éléments trouvés en différentes catégories (Cookies de suivi, Adware, Malware, Suspicious). Sélectionnez l’option pour supprimer ou mettre en quarantaine tous les fichiers marqués comme malveillants ou potentiellement indésirables. Même si cela peut paraître redondant après Malwarebytes et AdwCleaner, l’expérience montre qu’un outil peut parfois détecter une menace passée inaperçue pour les autres, un peu comme un deuxième médecin qui repère un détail que le premier a manqué.

Analyser en profondeur avec emsisoft emergency kit

Emsisoft Emergency Kit complète votre arsenal de désinfection. Il s’agit d’un pack portable de sécurité comprenant un scanner puissant capable de détecter des menaces avancées, notamment certains rootkits et trojans impliqués dans des ouvertures automatiques de pages internet. Après téléchargement, extrayez le contenu de l’archive dans un dossier, puis lancez Start Emergency Kit Scanner. Acceptez les mises à jour de la base de signatures, puis choisissez une « Analyse approfondie » si vous suspectez une infection particulièrement tenace.

L’analyse peut prendre un certain temps, surtout si votre disque est volumineux, mais elle en vaut la peine lorsque les pages web continuent de s’ouvrir toutes seules malgré les nettoyages précédents. Une fois le scan terminé, examinez la liste des fichiers malveillants repérés, puis validez leur suppression. Emsisoft Emergency Kit est souvent capable d’éliminer les derniers restes d’infection qui maintenaient des tâches planifiées ou des modules résidents permettant l’ouverture répétée du navigateur. Après ce cycle complet d’outils, une grande majorité des utilisateurs constatent un retour à la normale.

Nettoyer les clés de registre modifiées par les malwares

Les adwares et malwares ne se contentent pas d’ajouter des programmes : ils modifient aussi le registre Windows pour rester actifs au démarrage et reprendre la main sur votre navigateur. Le registre est, en quelque sorte, la « colonne vertébrale » de Windows : une configuration centrale où de mauvaises entrées peuvent provoquer des comportements imprévisibles, comme une page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10. Manipuler cet élément demande prudence, mais quelques vérifications ciblées permettent de repérer les traces les plus grossières laissées par les infections.

Avant toute modification, créez absolument un point de restauration système et, si possible, une sauvegarde complète du registre via regedit. Appuyez sur Windows+R, tapez regedit et validez. Naviguez ensuite dans les branches classiques utilisées par les malwares pour s’exécuter automatiquement : HKEY_CURRENT_USERSoftwareMicrosoftWindowsCurrentVersionRun et RunOnce, ainsi que leurs équivalents sous HKEY_LOCAL_MACHINE. Vous y trouverez des valeurs qui lancent des programmes au démarrage de la session ou une seule fois au prochain redémarrage.

Contrôler les entrées dans RunOnce et RunServices

Les clés RunOnce et RunServices sont souvent exploitées par les programmes malveillants car elles permettent d’exécuter des scripts ou des installateurs à un moment précis du cycle de démarrage. Dans l’Éditeur du Registre, vérifiez successivement :

  • HKEY_CURRENT_USERSoftwareMicrosoftWindowsCurrentVersionRunOnce
  • HKEY_LOCAL_MACHINESoftwareMicrosoftWindowsCurrentVersionRunOnce
  • HKEY_LOCAL_MACHINESoftwareMicrosoftWindowsCurrentVersionRunServices (sur certaines éditions)

Dans chacune de ces clés, recherchez des entrées pointant vers des exécutables situés dans des dossiers temporaires (Temp), des sous-dossiers inconnus d’AppData ou affichant des noms incompréhensibles. Vous vous demandez si une entrée est légitime ou non ? Faites un clic droit sur son nom, copiez-le et lancez une recherche en ligne : les communautés de sécurité recensent la plupart des noms de services et d’exécutables suspects. Si plusieurs sources fiables confirment qu’il s’agit d’un adware ou d’un hijacker, vous pouvez supprimer en toute sécurité la valeur correspondante.

Après le nettoyage, fermez l’Éditeur du Registre et redémarrez Windows. Surveillez alors le comportement du système : une diminution nette des ouvertures automatiques de pages internet indique que vous avez désactivé un point de relance important. Gardez cependant à l’esprit que les outils de désinfection précédents (Malwarebytes, AdwCleaner, etc.) ont déjà fait le plus gros du travail sur le registre. Votre intervention manuelle doit rester ciblée, comme un « affinage » destiné à supprimer les reliquats les plus persistants, plutôt qu’une réécriture massive qui risquerait de déstabiliser Windows.

Restaurer les paramètres de navigation modifiés dans chrome, firefox et edge

Une fois la machine nettoyée, il est possible que votre navigateur continue d’afficher une page d’accueil étrange, un moteur de recherche inconnu ou des onglets qui se rouvrent malgré tout. Pourquoi ? Parce que les adwares laissent souvent derrière eux des paramètres modifiés dans Chrome, Firefox ou Edge. C’est un peu comme si vous aviez expulsé l’intrus de votre maison, mais qu’il avait quand même changé la position des meubles avant de partir. Restaurer les paramètres de navigation est donc une étape essentielle pour mettre un terme définitif aux pages internet qui s’ouvrent toutes seules sous Windows 10.

Nous allons nous concentrer sur quatre actions clés : réinitialiser la page d’accueil et le moteur de recherche, supprimer les extensions non autorisées, vérifier les stratégies de groupe appliquées à Chrome, puis, si nécessaire, remettre entièrement à zéro les paramètres du navigateur. Même si vous utilisez principalement un seul navigateur, vérifiez-les tous : certains adwares s’incrustent dans plusieurs navigateurs à la fois, et l’un d’eux peut relancer les symptômes.

Réinitialiser la page d’accueil et le moteur de recherche par défaut

Commencez par vérifier la page d’accueil et le moteur de recherche dans chacun de vos navigateurs. Sous Chrome, cliquez sur le menu à trois points en haut à droite, puis sur « Paramètres ». Dans la section « Au démarrage », assurez-vous que l’option « Ouvrir une page spécifique » ne pointe pas vers un site inconnu. Si c’est le cas, supprimez l’entrée suspecte et choisissez « Ouvrir la page Nouvel onglet » ou ajoutez manuellement l’URL de votre choix. Dans la section « Moteur de recherche », définissez Google, Qwant ou un autre moteur légitime comme option par défaut, puis supprimez tout moteur parasite de la liste.

Sous Firefox, rendez-vous dans « Paramètres » > « Accueil » pour rétablir la page de démarrage, puis dans « Rechercher » pour sélectionner le moteur de recherche par défaut. Microsoft Edge suit une logique similaire : ouvrez « Paramètres » > « Démarrer, page d’accueil et nouveaux onglets » pour ajuster la page d’ouverture, puis « Confidentialité, recherche et services » > « Barre d’adresse et recherche » pour choisir le moteur utilisé dans la barre d’adresse. Chaque fois que vous voyez une URL inconnue ou un moteur douteux, supprimez-le : ces éléments sont souvent à l’origine de la réouverture automatique de sites indésirables.

Supprimer les extensions non autorisées dans chrome://extensions

Les extensions sont l’un des vecteurs favoris des hijackers de navigateur. Certaines se font passer pour des outils de productivité, des convertisseurs de fichiers ou des bloqueurs de pubs, mais en coulisses, elles déclenchent des redirections et ouvrent des pages internet toutes seules. Dans Chrome, tapez chrome://extensions dans la barre d’adresse puis validez. Vous verrez la liste complète des modules installés, y compris ceux récemment ajoutés à votre insu lors de l’installation d’un logiciel gratuit.

Désactivez puis supprimez toute extension que vous ne reconnaissez pas ou dont vous ne vous êtes jamais servi. Méfiez-vous particulièrement des extensions sans éditeur clairement identifié, ou qui demandent des autorisations excessives, comme « Lire et modifier toutes vos données sur les sites web que vous consultez ». La même logique s’applique à Firefox (menu « Modules complémentaires et thèmes ») et à Edge (menu « Extensions »). Poser la question « Ai-je vraiment besoin de cette extension ? » est un bon réflexe : plus votre navigateur est léger, moins il sera vulnérable aux détournements.

Vérifier les stratégies de groupe avec chrome://policy

Certains adwares plus sophistiqués vont encore plus loin en utilisant des stratégies de groupe pour verrouiller vos paramètres Chrome. Résultat : même si vous modifiez la page d’accueil ou le moteur de recherche, ces valeurs reviennent à l’état infecté après chaque redémarrage. Pour vérifier si Chrome est contrôlé par une stratégie, tapez chrome://policy dans la barre d’adresse et appuyez sur Entrée. S’il est indiqué « Chrome est géré par votre organisation » alors que vous utilisez un ordinateur personnel, cela doit immédiatement vous alerter.

La page affichera la liste des politiques appliquées. Recherchez des entrées relatives à la page d’accueil (HomepageLocation), au moteur de recherche (DefaultSearchProvider), ou au blocage de certaines pages de paramètres. Si des politiques pointent vers des URL douteuses, c’est un signe d’infection passée. Dans un contexte d’entreprise, c’est à l’administrateur système de les corriger. Sur un PC domestique, ces politiques proviennent généralement de clés de registre créées par un adware. Après les nettoyages précédents, elles sont souvent déjà neutralisées, mais vous pouvez vérifier l’absence de nouvelles ouvertures automatiques de pages pour confirmer que tout est rentré dans l’ordre.

Réinitialiser les paramètres du navigateur aux valeurs par défaut

Si malgré tout ces réglages, votre navigateur continue à se comporter étrangement, la solution la plus radicale mais efficace consiste à réinitialiser entièrement ses paramètres. Dans Chrome, allez dans « Paramètres avancés » puis « Réinitialiser et nettoyer » et choisissez « Rétablir les paramètres par défaut ». Cela remettra à zéro la page d’accueil, le moteur de recherche, les onglets épinglés, les permissions de site et désactivera toutes les extensions, sans supprimer votre historique ni vos favoris. C’est un peu l’équivalent d’une « remise à plat » qui efface les traces de l’adware dans la configuration du navigateur.

Dans Firefox, utilisez l’option « Réparer Firefox » (accessible via about:support), tandis que sur Edge, rendez-vous dans « Paramètres » > « Réinitialiser les paramètres » puis « Rétablir les paramètres par défaut ». Après cette opération, reconnectez-vous à vos comptes si nécessaire, réinstallez uniquement les extensions indispensables et testez la navigation pendant quelques minutes. Si plus aucune page internet ne s’ouvre toute seule, vous avez franchi une étape décisive vers un système sain et stable.

Configurer windows defender et le pare-feu pour bloquer les redirections futures

Même si vous avez réussi à éliminer l’infection actuelle, la meilleure façon d’éviter qu’une page internet ne se rouvre toute seule sous Windows 10 dans quelques semaines est de renforcer la protection en temps réel. Windows Defender, intégré à Windows 10, a beaucoup évolué ces dernières années et offre désormais un niveau de sécurité comparable à de nombreux antivirus payants. Assurez-vous d’abord qu’il est bien activé : allez dans « Paramètres » > « Mise à jour et sécurité » > « Sécurité Windows » puis ouvrez « Protection contre les virus et menaces ». L’état doit indiquer que la protection en temps réel est active et à jour.

Cliquez ensuite sur « Gérer les paramètres » dans la section « Paramètres de protection contre les virus et menaces » et vérifiez que la « Protection en temps réel » et la « Protection dans le cloud » sont toutes deux activées. Ces options permettent de bloquer plus rapidement les nouveaux adwares et PUP qui tentent de s’installer lors du téléchargement de logiciels. Vous pouvez aussi activer la fonctionnalité de « Contrôle des applications et du navigateur », qui ajoute une couche de filtrage SmartScreen pour limiter les téléchargements dangereux et les sites malveillants susceptibles de déclencher des ouvertures automatiques de pages.

Le Pare-feu Windows joue également un rôle clé pour empêcher certains malwares de communiquer avec leurs serveurs distants ou de lancer des redirections forcées. Dans « Sécurité Windows » > « Pare-feu et protection du réseau », assurez-vous que le pare-feu est activé pour les réseaux privés et publics. Pour les utilisateurs avancés, il est possible de créer des règles de blocage ciblées pour des programmes douteux qui auraient échappé à la désinstallation, en passant par « Paramètres avancés ». En bloquant les connexions sortantes d’un exécutable suspect, vous limitez sa capacité à ouvrir des pages web à votre insu.

Vérifier les fichiers hosts et les paramètres DNS modifiés

Enfin, il existe un dernier levier souvent utilisé par les malwares pour détourner votre navigation : la modification du fichier hosts et des paramètres DNS. Le fichier hosts agit comme un carnet d’adresses local pour traduire des noms de domaine en adresses IP. En y insérant des lignes frauduleuses, un adware peut vous rediriger vers un site publicitaire ou de phishing même lorsque vous tapez une adresse légitime, ou encore provoquer l’ouverture automatique de pages spécifiques. Pour vérifier son intégrité, ouvrez le Bloc-notes en tant qu’administrateur, puis via « Fichier » > « Ouvrir », naviguez vers C:WindowsSystem32driversetc et sélectionnez « Tous les fichiers » pour afficher hosts.

Le contenu par défaut de ce fichier est généralement très court, avec quelques lignes de commentaires commençant par # et éventuellement la ligne 127.0.0.1 localhost. Si vous y voyez des dizaines de lignes pointant vers des sites connus (moteurs de recherche, réseaux sociaux, services Microsoft, etc.) redirigés vers d’autres adresses IP, il est probable que le fichier ait été manipulé. Dans ce cas, sauvegardez une copie de sécurité du fichier actuel, puis remplacez son contenu par une version propre (que vous pouvez générer en conservant uniquement les lignes de commentaires d’origine et la ligne localhost). Enregistrez, puis fermez le Bloc-notes.

Les paramètres DNS méritent aussi un contrôle. Allez dans « Panneau de configuration » > « Réseau et Internet » > « Centre Réseau et partage », cliquez sur votre connexion active puis sur « Propriétés ». Sélectionnez « Protocole Internet version 4 (TCP/IPv4) » et cliquez sur « Propriétés ». Si des adresses de serveurs DNS personnalisées sont renseignées alors que vous ne les avez jamais configurées, notez-les, puis choisissez « Obtenir les adresses des serveurs DNS automatiquement » ou remplacez-les par les serveurs DNS de confiance (par exemple ceux de votre fournisseur d’accès ou des DNS publics réputés). Des DNS compromis peuvent être à l’origine de redirections silencieuses et de l’ouverture automatique de pages douteuses.

En combinant la vérification du fichier hosts, la remise en ordre des DNS, le renforcement de Windows Defender et du pare-feu, vous complétez la boucle de sécurisation de votre système. Ainsi, non seulement vous faites disparaître la page internet qui s’ouvre toute seule sous Windows 10 aujourd’hui, mais vous réduisez drastiquement le risque de revoir ce problème surgir demain.